Troubles Musculosquelettiques (TMS) : Guide complet pour prévenir et agir en entreprise

Les troubles musculosquelettiques (TMS) représentent aujourd’hui la première cause de maladies professionnelles reconnues en France, selon l’Assurance Maladie. 

Ils touchent chaque année des milliers de salariés dans tous les secteurs d’activité : santé, logistique, industrie, tertiaire… Ces affections, qui concernent les muscles, tendons et nerfs, entraînent douleurs, fatigue, arrêts de travail et parfois reconversions forcées.

Pour les employeurs, la prévention des risques professionnels liés aux TMS n’est plus une option : c’est une obligation issue du Code du travail et un levier essentiel de santé sécurité au travail.

Ce guide a pour objectif d’aider les entreprises à comprendre, évaluer et prévenir les TMS en articulant explications claires, facteurs de risque et leviers d’action. Vous y trouverez les bases utiles pour structurer une prévention durable et mesurable, en lien avec le médecin du travail et les représentants du personnel.

Résumé
Les troubles musculosquelettiques (TMS), première cause de maladies professionnelles en France, affectent muscles, tendons et nerfs, causant douleurs et arrêts de travail. Ils résultent de contraintes biomécaniques, organisationnelles et psychosociales, comme gestes répétitifs, postures prolongées ou stress. La prévention, devenue une obligation pour l’employeur, s’appuie sur l’évaluation des risques, l’adaptation des postes, l’organisation du travail et la formation collective. Ce dispositif protège la santé, limite l’absentéisme et préserve la continuité de l’activité en identifiant et agissant rapidement sur les signes d’alerte.

Que sont les troubles musculosquelettiques ?

Les troubles musculosquelettiques sont des affections musculo-squelettiques qui touchent les muscles, les tendons, les nerfs et les articulations. Ils apparaissent lorsque les capacités du corps sont dépassées : répétitivité des mouvements, efforts intenses, postures prolongées, vibrations ou stress. 

Cette hypersollicitation entraîne une inflammation progressive, avec des symptômes comme la douleur, la raideur ou la perte de force. Les TMS concernent autant les femmes que les hommes, et peuvent toucher toute personne exposée aux contraintes du poste de travail.

Ils constituent un trouble musculo-squelettique lié au travail lorsque les contraintes professionnelles en sont à l’origine. Les salariés peuvent alors ressentir des douleurs au bas du dos, au niveau des doigts, des épaules ou des genoux, parfois dès les premières heures de la journée. Sans prévention adaptée, ces affections peuvent évoluer avec le temps vers une maladie professionnelle, reconnue par la Sécurité sociale.

Définition et principales pathologies

Les TMS se traduisent par une douleur persistante, une gêne fonctionnelle ou une baisse de mobilité. Les pathologies les plus courantes sont le syndrome du canal carpien, les tendinites du coude (épicondylite), les atteintes de la coiffe des rotateurs à l’épaule ou les douleurs lombaires liées à la manutention. 

Une tendinopathie, par exemple, peut toucher un ligament ou une bourse séreuse, en limitant le mouvement de l’articulation. Une prise en charge rapide permet d’éviter que ces troubles deviennent chroniques.

La formation santé proposée aux salariés a pour objectif d’identifier les premiers signaux et adapter les gestes avant que la situation de travail ne dégrade la santé du patient.

Les zones du corps les plus touchées

Les membres supérieurs sont les plus exposés aux contraintes mécaniques : mouvements du poignet, efforts répétitifs du coude ou port de charge à l’épaule. 

Les membres inférieurs peuvent, eux aussi, peuvent être atteints, notamment lorsque le poste impose une station debout prolongée ou des déplacements fréquents à l’intérieur du site. Dans certains métiers, la colonne vertébrale subit une charge importante en raison des efforts de transport ou de manipulation.

Chaque situation de travail doit être observée pour comprendre l’origine du trouble et adapter le poste, en tenant compte du niveau de contrainte et de l’environnement extérieur.

TMS première cause de maladies professionnelles reconnues

Les TMS représentent la première cause de maladies professionnelles reconnues en France selon Santé publique France et l’Assurance Maladie. Ils résultent généralement d’une combinaison de facteurs : contraintes biomécaniques, organisation du travail et pression psychologique. Leur survenue a un impact direct sur l’activité professionnelle : arrêts de travail, difficultés à travailler, baisse de performance ou reconversion forcée.

La prévention des troubles musculo-squelettiques contribue ainsi à la santé au travail et limite les accidents du travail liés à la fatigue du système musculo-tendineux. Agir tôt signifie protéger la personne, maintenir sa capacité à réaliser son activité et préserver la continuité de l’entreprise.

Quels sont les facteurs de risque des TMS au travail ?

Les TMS résultent d’une combinaison de facteurs liés à l’activité, à l’organisation et au contexte de travail. Ils peuvent toucher tous les métiers, qu’ils impliquent un effort physique ou une posture maintenue longtemps. Identifier ces facteurs est indispensable pour bâtir une prévention efficace et durable.

Les contraintes biomécaniques et la manutention manuelle

Les gestes répétitifs, les ports de charges, les postures contraignantes ou les vibrations peuvent entraîner une sollicitation excessive des muscles, tendons et nerfs. 

À terme, ces contraintes provoquent inflammation, douleur et gêne fonctionnelle. Les troubles les plus courants concernent le canal carpien au poignet, les tendinites du coude ou les lésions de l’épaule. Une intervention précoce limite le risque d’évolution vers une maladie professionnelle.

L’organisation du travail

L’organisation du travail joue un rôle important dans la survenue des TMS. Une cadence trop élevée, l’absence de pauses ou un poste mal conçu augmentent à la fois la charge physique et mentale. 

Avec l’âge, certains salariés touchés par des maladies chroniques deviennent plus sensibles aux contraintes du poste et peuvent développer des douleurs articulaires, notamment au niveau du dos.

Pour limiter l’apparition des douleurs, il est essentiel d’adapter le travail : variation des tâches, rythme maîtrisé et prise en compte du Code du travail. Une bonne organisation permet d’anticiper les signaux faibles et de préserver la santé de l’ensemble de la population au travail.

Les facteurs psychosociaux et le stress

Le stress, la pression temporelle ou le manque de reconnaissance renforcent la sensibilité aux TMS. Une fatigue mentale prolongée peut amplifier la douleur et freiner la récupération. La prévention doit donc également agir sur le climat de travail, le soutien managérial et la qualité des relations professionnelles.

Comment prévenir les troubles musculosquelettiques en entreprise ?

La prévention repose sur une évaluation régulière des risques professionnels, l’adaptation des postes et une organisation du travail qui protège la santé des salariés. Agir tôt permet de limiter la douleur, d’éviter la maladie professionnelle et de réduire l’absentéisme.

L’évaluation des risques professionnels

La prévention commence par l’analyse des situations de travail. Elle identifie les gestes, postures et conditions qui exposent aux TMS, y compris pour les membres inférieurs lors des déplacements ou stations debout prolongées. 

Cette observation terrain, menée avec le médecin du travail, permet de hiérarchiser les risques puis d’inscrire les actions dans le document unique de prévention.

Mettre en place une démarche collective

Une démarche collective associe la direction, les représentants du personnel et les équipes. Elle vise à réduire les contraintes physiques et organisationnelles à l’origine de la survenue des TMS. Les mesures doivent être adaptées à chaque situation de travail, car les besoins peuvent être différents d’un poste à l’autre.

Les actions comprennent l’amélioration de l’ergonomie, le suivi des indicateurs de santé au travail et la montée en compétence des salariés grâce aux formations collectives

Ces initiatives permettent de voir plus tôt l’effet des contraintes sur la santé et d’éviter qu’une douleur ne devienne une lombalgie ou une maladie professionnelle reconnue.

L’objectif final est juste de garantir la sécurité de chacun, jour après jour, dans le respect des exigences légales.

Actions concrètes et bonnes pratiques

La prévention se traduit ensuite par des aménagements adaptés : ajustement des plans de travail, aides à la manutention manuelle, pauses organisées, rotation des tâches ou accompagnement à l’activité physique. La sensibilisation aux premiers signaux d’alerte et le suivi des situations à risque favorisent le retour rapide à un travail sécurisé.

La prévention des TMS en entreprise repose sur une action collective et continue : évaluer les risques, adapter l’organisation du travail et impliquer tous les acteurs de la santé au travail.

En agissant tôt, l’employeur protège la santé des salariés, améliore les conditions de travail et réduit les impacts humains et économiques liés aux TMS.