Traitement des TMS : Solutions et prises en charge efficaces

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) regroupent un ensemble d’affections de l’appareil locomoteur qui causent des douleurs et une gêne fonctionnelle. Les résultats publiés en octobre 2024 par Santé publique France ont révélé que 58 % des femmes et 51 % des hommes de 18 à 64 ans déclarent souffrir de TMS. Il est donc important de savoir quand et comment traiter ces pathologies pour soulager la douleur, favoriser la guérison et éviter la chronicité.

Résumé, L’essentiel à retenir : 58 % des femmes et 51 % des hommes de 18 à 64 ans déclarent souffrir de troubles musculo-squelettiques (TMS) selon Santé publique France en 2024. Une prise en charge précoce des TMS est essentielle pour éviter la chronicité et les lésions irréversibles. Les symptômes des TMS incluent douleurs localisées, raideurs articulaires, perte de force et gêne fonctionnelle persistante. Le diagnostic médical repose sur un examen clinique, l’identification des facteurs déclenchant et parfois des examens complémentaires. Le traitement des TMS est multimodal : médicaments, infiltrations, rééducation, adaptations ergonomiques et, en dernier recours, chirurgie.

Quand et comment traiter les troubles musculosquelettiques ?

Intervenir au bon moment est déterminant dans la prise en charge des TMS. Traiter trop tard expose à des lésions potentiellement irréversibles, tandis qu’une intervention précoce maximise les chances de guérison.

Reconnaître les signes nécessitant un traitement

Ces troubles se manifestent typiquement par :

  • Des douleurs localisées
  • Des raideurs articulaires
  • Une maladresse
  • Une perte de force dans le membre touché.

Au début, la douleur peut n’apparaître que lors de l’activité et disparaître au repos, par exemple en fin de journée après le travail. Sans prise en charge, ces symptômes tendent à s’aggraver. Ils surviennent de plus en plus tôt et peuvent persister même au repos, signe d’une atteinte plus sérieuse.

Des épisodes douloureux qui se répètent ou une gêne fonctionnelle persistante (difficulté à bouger un membre, engourdissements…) doivent alerter le patient. Cela nécessite une consultation pour un diagnostic.

L’importance d’une prise en charge précoce

À long terme, un TMS non traité a tendance à récidiver, à se chroniciser et peut devenir irréversible, entraînant des handicaps durables. C’est pourquoi une intervention précoce est essentielle.

Plus le traitement est initié tôt, plus les chances de guérir complètement le trouble sont élevées. Dans le cas d’un début de syndrome du canal carpien ou d’une tendinite, intervenir dès les premiers symptômes évite des lésions nerveuses ou tendineuses permanentes. Si une douleur persiste plusieurs jours malgré le repos ou s’intensifie, il ne faut pas attendre pour consulter un médecin.

Le diagnostic médical des TMS

La prise en charge commence par une consultation chez le médecin traitant (médecin généraliste). Celui-ci procède à un examen clinique complet pour localiser la lésion, évaluer l’intensité de la douleur et les limitations fonctionnelles.

Il identifie également les facteurs déclenchant, notamment dans le cadre professionnel (gestes répétitifs, port de charges, vibrations). Le médecin du travail peut être associé à cette démarche. Selon la nature du trouble, le médecin pourra adresser le patient à un spécialiste :

  • Un rhumatologue pour les atteintes articulaires.
  • Un chirurgien orthopédique si une intervention est envisagée.

Des examens complémentaires sont parfois prescrits : imagerie médicale (radiographie, IRM), électromyogramme pour évaluer une atteinte nerveuse ou bilan sanguin.

Les traitements médicaux des TMS

Le traitement des TMS est multimodal et personnalisé. On privilégie d’abord des solutions conservatrices pour soulager la douleur et réduire l’inflammation.

Traitements médicamenteux et anti-inflammatoires

La première réponse consiste à atténuer la douleur et l’inflammation par des médicaments. Les médecins prescrivent en priorité des antalgiques comme le paracétamol. En cas de douleur plus intense, un recours ponctuel à des antalgiques d’un palier supérieur peut être envisagé.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, tels que l’ibuprofène) sont également couramment utilisés pour réduire l’inflammation et soulager la douleur. Ils doivent cependant être pris sur une durée limitée en raison de leurs effets secondaires.

Si des contractures musculaires sont présentes, un myorelaxant pourra être prescrit. L’objectif est de soulager suffisamment la douleur pour permettre au patient de poursuivre ses activités quotidiennes et d’entamer la rééducation.

Infiltrations et injections thérapeutiques

Si la douleur persiste malgré les mesures précédentes, le médecin peut proposer des infiltrations locales à visée anti-inflammatoire. Il s’agit d’injecter un corticostéroïde (corticoïde) directement au site douloureux.

Ces injections sont limitées en nombre (typiquement pas plus de deux, espacées de quelques mois) pour prévenir les effets indésirables locaux.

Chirurgie : quand est-elle nécessaire ?

La chirurgie n’intervient qu’en dernier recours, lorsque :

  • Les traitements conservateurs (médicaments, immobilisation, infiltrations, rééducation) se révèlent insuffisants.
  • Des lésions anatomiques graves sont constatées.

Une opération du canal carpien sera proposée en cas d’échec du traitement médical, ou d’emblée si le nerf médian est sévèrement compressé. De même, pour certaines tendinites chroniques rebelles, une intervention chirurgicale pourra être discutée. La décision est prise par le spécialiste après un bilan complet.

Dans tous les cas, une phase de rééducation post-opératoire sera indispensable pour récupérer la fonction et assurer un bon retour au travail.

Rééducation et thérapies complémentaires pour soigner les TMS

La dimension fonctionnelle et ergonomique est tout aussi importante.

Kinésithérapie et rééducation fonctionnelle

La kinésithérapie est un pilier du traitement des TMS une fois la phase aiguë passée. Un kinésithérapeute propose des séances de rééducation fonctionnelle adaptées à la région affectée. Ce travail inclut des massages et des mobilisations douces, des exercices d’étirements pour améliorer la flexibilité et un renforcement musculaire progressif.

Le kinésithérapeute peut également avoir recours à des modalités de physiothérapie :

  • Application de chaleur ou de froid (cryothérapie)
  • Ultrasons
  • Électrothérapie (TENS)
  • Ondes de choc.

Ce suivi régulier restaure la mobilité articulaire, améliore la posture et prévient les récidives. La durée du programme dépend de la sévérité du TMS : de quelques semaines pour une tendinite bénigne à plusieurs mois pour un trouble chronique.

Ergothérapie et adaptation du poste de travail

La guérison d’un TMS passe aussi par une amélioration de l’environnement et des gestes du quotidien. Un ergothérapeute, en lien avec le médecin du travail, peut analyser les tâches effectuées et proposer des aménagements sur mesure :

  • Équipements ergonomiques (siège ajustable, repose-poignets)
  • Réorganisation de l’espace de travail pour éviter les postures pénibles.
  • Ajustement du rythme de travail.

La prévention des récidives est capitale : le patient devra appliquer les bonnes pratiques apprises lors de la reprise du travail. Des actions de sensibilisation et de formation santé peuvent aussi être mises en place au sein de l’entreprise.

Approches complémentaires : ostéopathie, acupuncture et autres

En parallèle du parcours classique, il est possible de recourir à des approches complémentaires :

  • L’ostéopathie apporte un soulagement en libérant manuellement les tensions musculaires et articulaires.
  • L’acupuncture aide à soulager la douleur en stimulant certains points précis du corps.
  • D’autres méthodes, comme la chiropraxie, la balnéothérapie, le yoga thérapeutique ou la méditation, peuvent également améliorer les symptômes.

Parmi les techniques innovantes figure la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr, ou rTMS en anglais). Cette méthode a initialement été développée en psychiatrie pour traiter la dépression résistante aux antidépresseurs. Non invasive, elle est désormais explorée dans la prise en charge de certaines douleurs chroniques rebelles.

Son principe : une bobine de stimulation émettant un champ magnétique est placée sur le crâne, en face de la zone cérébrale ciblée. Des impulsions magnétiques répétées vont moduler l’activité électrophysiologique du cortex cérébral impliqué dans la perception de la douleur.

Une séance de SMTr dure une vingtaine de minutes en ambulatoire. Plusieurs séances (quotidiennes ou bi-hebdomadaires sur quelques semaines) sont nécessaires. Les études cliniques montrent que la SMTr peut réduire la perception de la douleur chez certains patients souffrant de neuropathies ou de lombalgies chroniques.

Bon à savoir : il existe même une variante, la stimulation magnétique transcrânienne profonde (Deep TMS), pour atteindre des régions du cortex plus en profondeur.

En octobre 2025, les autorités sanitaires françaises ont de nouveau souligné l’importance de la prévention et d’une prise en charge précoce. Un trouble musculo-squelettique n’est donc pas une fatalité : détecté à temps et soigné de façon adaptée, il peut guérir ou être maîtrisé.

Quels sont les facteurs professionnels qui favorisent l’apparition des troubles musculo-squelettiques ?

Les facteurs professionnels favorisant les troubles musculo-squelettiques incluent les gestes répétitifs, le port de charges lourdes, les postures contraignantes et prolongées, l’exposition aux vibrations ainsi que le travail sur écran sans pauses adaptées. Ces conditions aggravent la sollicitation musculaire et articulaire et peuvent entraîner l’apparition ou l’aggravation des TMS.

Comment un kinésithérapeute adapte-t-il la rééducation en fonction du type de trouble musculo-squelettique ?

Le kinésithérapeute adapte la rééducation en fonction de la localisation et de la gravité du TMS : il propose des mobilisations douces pour restaurer la mobilité, des exercices d’étirement pour assouplir les tissus, ainsi qu’un renforcement musculaire progressif. Il utilise également des modalités spécifiques telles que la cryothérapie, les ultrasons, l’électrothérapie ou les ondes de choc pour accélérer la récupération et soulager la douleur.

Comment un ergothérapeute intervient-il pour prévenir les récidives des troubles musculo-squelettiques au travail ?

L’ergothérapeute analyse les gestes et postures dans le cadre professionnel afin de proposer des aménagements personnalisés, comme l’installation d’équipements ergonomiques (sièges ajustables, supports pour poignets), la réorganisation de l’espace de travail pour limiter les postures pénibles, et des conseils sur le rythme et la façon d’exécuter les tâches. Ces actions contribuent à réduire la sollicitation excessive des muscles et articulations, prévenant ainsi les récidives.