Syndrome du Canal Carpien : Symptômes, causes et traitements

Engourdissement des doigts, fourmillements dans la main au réveil, douleur au poignet… Ces signaux discrets traduisent souvent un syndrome du canal carpien, l’un des troubles musculosquelettiques (TMS) les plus fréquents en France. 

Cette pathologie, liée à la compression du nerf médian au niveau du poignet, touche chaque année des milliers de salariés, notamment ceux exposés à des gestes répétitifs ou au travail sur ordinateur. 

S’il peut sembler bénin au départ, ce syndrome peut rapidement altérer la force de la main et la qualité de vie.

Résumé
Le syndrome du canal carpien, lié à la compression du nerf médian au poignet, provoque engourdissements et douleurs, surtout la nuit. Il touche 3 à 6 % des adultes, majoritairement des femmes de 40 à 60 ans, et concerne surtout les gestes répétitifs. Non traité, il cause perte de force et lésions nerveuses. Le diagnostic repose sur des tests cliniques et un électromyogramme. Le traitement commence par des mesures conservatrices ; la chirurgie, efficace à plus de 90 %, est réservée aux cas sévères ou persistants.

Qu’est-ce que le syndrome du canal carpien ?

Définition et anatomie du canal carpien

Le syndrome du canal carpien est une compression du nerf médian au niveau du poignet, à l’intérieur d’un passage étroit appelé canal carpien. Ce canal, formé par les os du carpe et un ligament transverse, abrite les tendons fléchisseurs des doigts et le nerf médian, responsable de la sensibilité et de la motricité de la main.

Quand la pression augmente dans ce tunnel, à cause d’un gonflement des tissus, d’une inflammation ou de mouvements répétitifs, le nerf est comprimé. Des fourmillements, des engourdissements et des douleurs commencent donc à apparaître, surtout la nuit.

Le nerf médian et la compression nerveuse

Le nerf médian contrôle la sensibilité du pouce, de l’index, du majeur et de la moitié de l’annulaire. Lorsque ce nerf subit une compression prolongée, les signaux nerveux ne passent plus correctement. La main perd alors de la force, les mouvements fins deviennent difficiles et les douleurs s’intensifient.

Chez certains patients, la douleur remonte jusqu’à l’avant-bras, voire le coude. Si le traitement tarde, le nerf peut subir des lésions irréversibles, entraînant une diminution permanente de la sensibilité.

Une pathologie fréquente : chiffres et statistiques

Le syndrome du canal carpien est l’une des premières causes de chirurgie du membre supérieur en France. Il représente près de 130 000 interventions chaque année. Cette pathologie touche 3 à 6 % de la population adulte, majoritairement des femmes entre 40 et 60 ans.

Les professions exposées aux gestes répétitifs (travail sur ordinateur, manutention, soins infirmiers, coiffure ou industrie pharmaceutique) sont particulièrement concernées. Le syndrome du canal carpien est reconnu comme maladie professionnelle dans le tableau n°57 du régime général.

Symptômes et diagnostic du syndrome du canal carpien

Les signes caractéristiques : fourmillements, engourdissements et douleurs

Les premiers symptômes apparaissent souvent la nuit (picotements dans les doigts, engourdissement de la main ou douleurs au poignet). Le patient se réveille parfois en secouant la main pour “faire passer” la gêne.

Au fil du temps, les fourmillements s’installent en journée, notamment lors de la conduite, de l’utilisation du clavier ou de la souris, ou lors de gestes répétitifs. Une perte de force peut apparaître. Lâcher un objet, avoir du mal à boutonner une chemise, ou ressentir une faiblesse du pouce sont des signes typiques. Ces troubles sensitifs doivent alerter avant qu’ils ne deviennent permanents.

Comment évolue le syndrome du canal carpien ?

Sans prise en charge, le syndrome évolue lentement mais sûrement. Les fourmillements deviennent constants, la douleur plus intense et la sensation tactile finit par diminuer. À un stade avancé, on observe une fonte musculaire du pouce (amyotrophie thénarienne), signe d’une atteinte nerveuse sévère.

Cette évolution est réversible si le diagnostic est posé à temps. D’où l’importance de consulter un médecin du travail, un rhumatologue ou un chirurgien de la main dès les premiers symptômes.

Les examens médicaux pour confirmer le diagnostic

Le diagnostic repose sur un examen clinique et des tests fonctionnels :

  • Test de Phalen : flexion forcée du poignet pendant 60 secondes pour reproduire les symptômes.
  • Signe de Tinel : percussion légère sur le canal carpien, déclenchant une sensation de décharge électrique.

En cas de doute, le médecin prescrit un électromyogramme (EMG), examen mesurant la conduction nerveuse du nerf médian. Cet examen permet d’évaluer la gravité de la compression et d’orienter le traitement (attelle, infiltration ou chirurgie).

Causes, facteurs de risque et traitements du canal carpien

Les principales causes du syndrome du canal carpien

Plusieurs facteurs de risque sont identifiés :

  • Mouvements répétitifs du poignet ou des doigts, notamment dans les métiers manuels.
  • Mauvaise posture et appui prolongé sur la paume.
  • Inflammations tendineuses liées à des gestes répétitifs.
  • Troubles hormonaux (grossesse, ménopause, hypothyroïdie).
  • Polyarthrite rhumatoïde, diabète, rétention d’eau.
  • Anomalies anatomiques du canal carpien (trop étroit).

Chez la femme enceinte, le syndrome du canal carpien est fréquent, souvent temporaire, lié à la rétention d’eau.

Traitements conservateurs : attelle, médicaments et rééducation

Aux premiers stades, la prise en charge repose sur des solutions non chirurgicales :

  • Le port d’une attelle de poignet, surtout la nuit, pour maintenir le poignet en position neutre et réduire la compression nerveuse.
  • La kinésithérapie et les étirements ciblés pour restaurer la mobilité du poignet.
  • Les anti-inflammatoires ou infiltrations de corticoïdes pour diminuer l’inflammation du nerf médian.

En parallèle, une adaptation ergonomique du poste de travail (clavier, souris, repose-poignet) permet de limiter la récidive. Dans la plupart des cas, ces mesures permettent une amélioration significative des symptômes en quelques semaines.

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L’opération du canal carpien : quand et comment ?

Lorsque la douleur persiste malgré plusieurs mois de traitement, la chirurgie devient nécessaire. L’intervention consiste à sectionner le ligament annulaire antérieur du carpe pour libérer le nerf médian. 

Réalisée sous anesthésie locale, en ambulatoire, l’opération dure moins de 30 minutes. La rééducation post-opératoire permet de retrouver une mobilité normale en 3 à 6 semaines, selon les cas. Les résultats sont généralement excellents avec plus de 90 % de guérison durable. Les complications (douleurs résiduelles, raideur, récidive) restent rares, surtout si la prise en charge est précoce.

En cas de syndrome bilatéral, les deux mains peuvent être opérées successivement, avec quelques semaines d’intervalle.

Le syndrome du canal carpien est une pathologie fréquente mais souvent négligée. Reconnaître les premiers symptômes (fourmillements, engourdissements, douleur au poignet, etc.) permet une prise en charge rapide et évite les atteintes irréversibles du nerf médian.

Grâce à une prévention ergonomique, une adaptation du poste de travail et des traitements ciblés, la plupart des patients retrouvent une fonction normale de la main sans chirurgie. Pour les cas plus avancés, l’opération du canal carpien offre une solution sûre et efficace.