Prévention des TMS : Stratégies et solutions efficaces en entreprise

ILes troubles musculosquelettiques (TMS) désignent des pathologies affectant les muscles, tendons, nerfs et articulations, dont l’apparition est favorisée par l’activité professionnelle. Ces troubles se manifestent par des douleurs (dos, épaules, poignets) accompagnées de raideurs ou de perte de force, pouvant devenir chroniques. 

Face à ce fléau de santé au travail, il est essentiel pour les entreprises de mettre en place une démarche de prévention efficace. Cet article présente les stratégies concrètes organisationnelles, techniques et humaines pour prévenir les TMS en milieu professionnel.

Résumé
Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont la première cause de maladie professionnelle en France, représentant près de 90 % des pathologies reconnues et un coût annuel d’environ 1 milliard d’euros. Leur prévention repose sur une démarche structurée combinant prévention primaire (ergonomie et organisation du travail), secondaire (détection précoce) et tertiaire (maintien dans l’emploi). Une politique efficace réduit l’absentéisme, améliore la performance et répond aux obligations légales de l’employeur définies par le Code du travail.

Pourquoi la prévention des TMS est-elle essentielle ?

Les enjeux humains et économiques des TMS

Les TMS (troubles musculo-squelettiques) sont un enjeu majeur tant pour la santé des salariés que pour la performance des entreprises. En France, ils constituent la première cause de maladie professionnelle indemnisée. Près de 90 % des maladies professionnelles reconnues relèvent des TMS.

Sur le plan économique, l’impact est considérable. Les TMS génèrent une perte annuelle de 1 million de journées de travail en raison de l’absentéisme, des arrêts de travail. De plus les coûts s’élèvent à environ 1 milliard d’euros de frais couverts par les cotisations entreprises du régime général.

Pour l’entreprise, les conséquences se traduisent par de l’absentéisme, une désorganisation du travail et une baisse de performance. À long terme, la répétition des TMS peut conduire à des inaptitudes professionnelles et une dégradation du climat social.

Les obligations légales de l’employeur en matière de prévention

La loi française impose à l’employeur de garantir la santé et la sécurité de ses salariés. Le Code du travail stipule que « chaque employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». Concrètement, cela se traduit par l’obligation de :

  • Mener des actions de prévention des risques professionnels,
  • D’assurer l’information et la formation du personnel
  • De mettre en place une organisation du travail et des moyens adaptés.

Parmi ces obligations figure l’évaluation régulière des risques présents dans l’entreprise, incluant les facteurs de risque de TMS, et la transcription de cette évaluation dans le Document unique (DUERP). Ce dernier doit être mis à jour au moins une fois par an.

Par ailleurs, la responsabilité de l’employeur est une obligation de résultat, et pas seulement de moyens. Il ne suffit pas de communiquer de bonnes intentions ou de respecter minimalement la réglementation. L’entreprise doit obtenir des résultats concrets en matière de réduction des risques, faute de quoi sa responsabilité peut être engagée.

Les bénéfices d’une démarche de prévention réussie

Une politique de prévention efficace et utile génère des bénéfices multiples :

  • La réduction des accidents du travail et des maladies professionnelles améliore le climat social. Les salariés se sentent valorisés et protégés par leur employeur. Cette reconnaissance renforce leur engagement et leur motivation au travail.
  • La prévention des troubles musculosquelettiques contribue également à l’amélioration de l’image de marque. Une entreprise qui protège la santé de ses collaborateurs attire plus facilement les talents. Elle démontre ses valeurs de respect et de transparence envers son personnel.
  • La baisse de l’absentéisme améliore la performance globale.

Les 3 niveaux de prévention des TMS

Prévention primaire : agir en amont des risques

La prévention primaire vise à éviter l’apparition même des TMS en éliminant ou réduisant les facteurs de risque à la source. Cela signifie qu’il faut intervenir en amont, dès la conception des situations de travail, pour que celles-ci sollicitent le moins possible l’appareil musculosquelettique.

Concrètement, il s’agit :

  • D’intégrer des principes d’ergonomie lors de la conception des postes, machines et outils (hauteurs ajustables, outils réduisant l’effort, etc.)
  • De réduire les contraintes physiques inutiles (limiter le port de charges, les postures pénibles prolongées, les mouvements répétitifs)
  • D’adapter le travail à l’homme plutôt que l’inverse.

Cette première étape passe aussi par une organisation du travail qui limite les cadences excessives et laisse aux salariés des marges de manœuvre suffisantes. En donnant la priorité à ces mesures initiales, on limite en priorité l’apparition des TMS en neutralisant les causes en amont.

Prévention secondaire : détecter et intervenir précocement

La prévention secondaire consiste à détecter le plus tôt possible les premiers signes de TMS et à intervenir rapidement pour éviter leur aggravation. Comment ? Vous devez encourager les salariés à signaler dès que possible les douleurs inhabituelles. Additionnellement, il est nécessaire de mettre en place des visites médicales régulières via le médecin du travail ou des campagnes de questionnaires.

Une fois un TMS débutant identifié, il faudra ensuite proposer une prise en charge adaptée :

  • Aménagement temporaire du poste de travail,
  • Accès facilité à des soins
  • Aménagement d’horaires allégés le temps de la récupération.

La détection précoce permet d’éviter des interventions chirurgicales en réduisant à temps les gestes contraignants. C’est une approche durable dédiée à la sécurité au travail.

Prévention tertiaire : accompagner le retour au travail

La prévention tertiaire intervient lorsque le TMS a déjà eu lieu, pour limiter les conséquences et éviter les rechutes. Elle vise à accompagner le salarié dans son retour à l’emploi et à maintenir durablement sa capacité à travailler. Cela passe par des mesures d’aménagement de poste adaptées aux limitations fonctionnelles de la personne.

L’enjeu est de maintenir dans l’emploi les personnes ayant souffert de TMS chronique, en préservant leur santé restante.

Actions concrètes pour prévenir les TMS au quotidien

Améliorer l’ergonomie des postes de travail

L’objectif est de réduire les contraintes physiques exercées sur le corps en optimisant l’environnement de travail. On commencera par une analyse approfondie de chaque poste pour identifier les gestes pénibles ou répétitifs, les postures contraignantes et les efforts excessifs. Des aménagements ergonomiques pourront ensuite être réalisés dans le lieu de travail :

  • Installer des plans de travail réglables en hauteur
  • Installer des sièges ergonomiques offrant un bon soutien
  • Positionner les outils et écrans à bonne hauteur pour éviter les torsions.

Il s’agit aussi d’équiper les employés d’outils adaptés réduisant l’effort musculaire. Faire appel à un ergonome professionnel est souvent judicieux pour évaluer les postes et proposer des ajustements. Dans le secteur industriel, des aides à la manutention manuelle (bras articulés, potences de levage, exosquelettes) soulagent les membres supérieurs et le dos.

Former et sensibiliser les salariés aux bons gestes

La formation santé du personnel est un pilier de la prévention des troubles musculo-squelettiques. Même avec un matériel performant, de mauvaises habitudes gestuelles peuvent conduire à des troubles. Il faut sensibiliser les salariés aux risques TMS et leur enseigner les bonnes pratiques avec des ateliers. Par exemple, pendant un atelier « gestes et postures », ils apprennent comment se positionner correctement, quels gestes éviter et comment utiliser de façon sécuritaire les équipements.

La sensibilisation doit aussi porter sur l’écoute de son corps. Les salariés formés repèreront les premiers signes de fatigue musculaire pour les signaler et corriger à temps.

Organiser le travail et réduire les contraintes

Une organisation inadaptée (rythmes trop intenses, manque de pauses, mauvaise répartition des tâches) expose excessivement les salariés aux contraintes physiques et mentales. Le Code du travail rappelle que l’employeur doit limiter le travail monotone et cadencé. Voici plusieurs méthodes à instaurer pour votre projet de prévention de TMS afin d’améliorer les conditions de travail :

  • Instaurer des pauses régulières : de courtes pauses toutes les 60 à 90 minutes permettent aux muscles de récupérer et de soulager les douleurs articulaires.
  • Alterner les tâches et favoriser la polyvalence : varier les activités réduit l’exposition prolongée d’un même groupe musculaire et diminue la monotonie.
  • Réduire la charge physique individuelle : répartir le port de charges entre plusieurs employés ou utiliser des outils d’assistance pour alléger l’effort.
  • Donner plus d’autonomie aux salariés : impliquer les équipes dans la gestion de leur travail réduit le stress et les TMS liés aux facteurs psychosociaux.

En agissant simultanément sur l’ergonomie des postes, la formation du personnel et l’organisation des activités, une entreprise se donne toutes les chances de prévenir durablement les TMS. Des collaborateurs en bonne santé physique sont plus engagés et efficaces. Investir dans la prévention des troubles musculosquelettiques est un choix gagnant-gagnant, garantissant un environnement de travail plus sûr et une meilleure qualité de vie au travail pour tous.

Quels sont les facteurs psychosociaux qui contribuent aux troubles musculosquelettiques (TMS) en milieu professionnel ?


Les facteurs psychosociaux incluent le stress, la pression liée aux délais, le manque d’autonomie, et des relations de travail conflictuelles. Ces éléments favorisent la tension musculaire et les postures prolongées, contribuant ainsi au développement des TMS. Une bonne gestion de ces facteurs est essentielle pour une prévention complète des troubles.

Comment L’évaluation des risques TMS doit-elle être réalisée concrètement dans une entreprise ?

Comment L’évaluation des risques TMS doit-elle être réalisée concrètement dans une entreprise ?
L’évaluation des risques TMS implique l’analyse des postes de travail et des tâches répétitives, l’identification des gestes pénibles, des postures inconfortables ou statiques, ainsi que la consultation des salariés. Cela se traduit par une mise à jour annuelle du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) intégrant ces éléments spécifiques pour orienter les actions de prévention.

Quel rôle jouent les aides techniques telles que les exosquelettes dans la prévention des TMS ?

Les aides techniques comme les exosquelettes réduisent la charge sur les membres supérieurs et le dos lors des efforts physiques. Ils complètent l’origine ergonomique en diminuant la fatigue musculaire et en limitant les postures contraignantes, contribuant ainsi à limiter l’apparition ou l’aggravation des troubles musculosquelettiques.

Quelles sont les particularités de la prévention des TMS dans le secteur industriel ?

Dans le secteur industriel, la prévention doit particulièrement cibler les manutentions manuelles répétées, les postures contraignantes et les efforts lourds. L’introduction d’aides mécaniques, la formation spécifique aux gestes sécurisés et l’amélioration constante de l’ergonomie des lignes de production sont des leviers clés. Par ailleurs, le suivi médical y est souvent plus fréquent et ciblé.

Comment la prévention tertiaire contribue-t-elle à maintenir l’employabilité des salariés ayant souffert de TMS ?

La prévention tertiaire vise l’aménagement adapté du poste de travail, la réhabilitation fonctionnelle, et le soutien psychologique pour limiter les séquelles des TMS. En adaptant le travail aux capacités restantes du salarié et en accompagnant son retour progressif, elle prévient les rechutes et favorise la conservation durable de son emploi.